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Antoine de Saint- Exupéry

1900-1944

"Toutes les grandes personnes ont d'abord été des enfants." nous rappelle celui qui
a réussi toute sa vie à allier ses passions pour deux vertiges : celui du vol et celui de la
poésie. L'auteur de Vol de nuit est une légende : aviateur, écrivain, créateur d'un
personnage mythique, le Petit Prince.
Le nom d'Antoine de Saint-Exupéry est attaché à quelques images claires : celle
de l'auteur du Petit Prince, bien sûr, et du créateur de personnages à la fois étranges et
naïfs qui ont émerveillé des générations de lecteurs, celle de l'écrivain aviateur, auteur
d'oeuvres - Vol de nuit, Courrier Sud, Pilote de guerre, Terre des hommes, Citadelle - qui
ne relèvent pas toutes du genre romanesque, puisque s'y mêlent, parfois dans un même
ouvrage, le récit, l'essai et le conte, mais qui, toutes, défendent une certaine idée de
l'Homme. Générosité et solidarité étaient, pour lui, les valeurs fondatrices de l’humanité.
Son “Petit Prince”, histoire de planète, d’enfant blond, de baobabs et de renard a fait le
tour du monde. Mais c’est dans “Citadelle”, son œuvre majeure, que sa pensée est la plus
aboutie. Il y développe un humanisme fondé sur une morale exigeante, où le refus du
confort implique le sens du devoir et du sacrifice. Ses idées ont dérangé.
L’homme « n’existe que dans la mesure où il se réalise, il n’est donc rien d’autre
que l’ensemble de ses actes ». Saint-Exupéry est un pionnier, qui nous propose de devenir
le héros de notre propre vie : nous devons nous réveiller, préférer l’effort au repos, le
danger à la sécurité. « Vous n’avez le droit d’éviter un effort qu’au nom d’un autre effort
car vous devez grandir. » Cet héroïsme-là est une vertu dont nous n’avons aucune fierté à
tirer, car la vie, c’est l’audace.
Alors que nous vivons dans un monde d’opulence et de confort, Saint-Exupéry
nous invite à faire l’expérience du désert, de sa dureté. Dans ce monde aride, la privation
redonne le goût des choses simples, une gorgée d’eau ou une escale entre deux trajets.
Mais surtout, il nous incite à prendre conscience que nous avons tous, au fond de nous,
un vide, quelque chose qui nous manque, alors que nous possédons tout. Le désert nous
apprend à regarder plus loin que ce que nous avons, à voir de plus près ce que nous
sommes. « J’ai toujours aimé le désert. On s’assoit sur une dune de sable. On ne voit
rien. On n’entend rien. Et, cependant, quelque chose rayonne en silence. »
Aviateur, romancier, conteur, poète, voilà de quoi justifier la gloire posthume de
Saint-Ex !
Si l'on veut se représenter Antoine de Saint-Exupéry enfant, il faut l'imaginer à
travers Le Petit Prince, blond et bouclé, découvrant le monde avec émerveillement,
heureux d'explorer le domaine que possède sa famille à Saint-Maurice-de-Remens, dans
l'Ain. Un garçon turbulent, malicieux, plein de vie, intelligent, sensible, pas toujours
réfléchi, mais sérieux quand il parle de ses recherches et de ses projets d'avenir, rêveur et
fantaisiste, épris d'une liberté qui admet la contrainte de l'éducation et du travail.
Dès l'âge de raison, il écrit ses premiers poèmes, se créant un univers à sa mesure,
et il consacre déjà une partie de ses loisirs à inventer de nouveaux moyens de locomotion,
telle une bicyclette à voiles. Il est doué d'une singulière puissance de concentration qui lui
sera d'un grand secours dans sa carrière de pilote. Aucun détail ne lui échappe: il sait
établir des relations entre ce qu'il voit et ce qu'il ressent, et leur donner un sens humain
profondément élevé.
Adulte, il apparaît non pas comme une "grande personne" jalouse de ses mérites
et assurée de son importance, mais comme un adolescent qui a atteint avant l'âge une
parfaite maturité de pensée, à la fois enthousiaste et songeur, véhément et généreux.

Antoine de Saint-Exupéry : ce poète et ce chevalier fut aussi pilote de guerre


après avoir été pilote de ligne. On peut voir en lui à la fois l’un des derniers représentants
de l’humanité traditionnelle et l’un des premiers héros de l’ère technique. Sa machine
était sa monture. Chez Saint-Exupéry chaque idée correspond à un besoin d'élévation
comparable à cette faim de lumière. Son outil sera l'avion, son arme l'amour. Son
expérience de pionnier de l'aviation et de pilote de guerre lui donnera toute la légitimité
pour délivrer son principal message : « C'est par le dépassement de soi que l'on devient
un Homme ».

Faire un choix dans l'oeuvre de Saint-Exupéry est bien arbitraire. Quoique chacun
de ses ouvrages ait sa signification propre, les thèmes qui y sont développés sont liés
entre eux avec tant de force qu'il semble impossible, au premier abord, de les analyser
séparément. Mais ce serait une erreur de ne pas les considérer dans le cadre d'une
évolution spirituelle où l'on observe les différents moments d'une progression ascendante
vers un but déterminé. Ses romans s’inspirent étroitement de son expérience vécue, donc,
l’œuvre exupéryenne s’enracine effectivement dans l’expérience de son auteur : Terre des
hommes apparaît ainsi comme une autobiographie, Pilote de guerre comme un
témoignage et Le Petit Prince est bien souvent lu comme un récit biographique crypté et
poétique. En effet, comment ne pas voir la « panne dans le désert du Sahara » que
rencontre le narrateur une allusion à son accident dans le désert de Libye en 1935 (lors du
raid manqué Paris-Saïgon) ? Poète de l’action, il a trouvé ses mots dans sa vie.

Publié en 1929, Courrier Sud est le premier livre imprimé de Saint-Exupéry.


Le destin d’Antoine de Saint-Exupéry en sera changé. Le jeune homme qui doutait de sa
vocation entre de plein pied dans le monde des Lettres. Et comme le remarque si bien
Umberto Eco, il est désormais difficile de savoir « s’il volait pour écrire ou s’il écrivait
pour voler ».
Ce roman reprend en l’amplifiant son premier texte L’Aviateur, publié en 1926
dans la revue Le Navire d’argent. Le personnage de son livre, Jacques Bernis (déjà héros
de L’Aviateur) est pilote des lignes Latécoère, comme Saint-Exupéry. Toujours comme
Saint-Exupéry, Jacques Bernis fait un métier dangereux qui rend difficile la vie paisible
dont rêve Geneviève, la femme qu’il aime et dont il se sépare. Pour les mêmes raisons,
Louise de Vilmorin rompt ses fiançailles avec Saint-Exupéry, effrayée par les dangers
qu’il court en tant qu’aviateur. St.- Exupéry complique un peu les choses en faisant de
Geneviève une femme mariée dont le fils meurt à cause peut-être de ses frivolités.
C'est un roman évidemment autobiographique où non seulement l'auteur parle de
la solitude du pilote mais aussi des dangers qu'il court dans les avions peu sécurisés, sans
cartes précises et sans radio, souvent à la merci des éléments et dans des zones
insoumises où il risque sa vie.
Il y a dans ce livre beaucoup de poésie mais aussi une sorte de profession de foi.
L'auteur est alors âgé de 29 ans et célèbre ainsi son nouveau métier, celui de transporter
« un courrier plus précieux que la vie » par delà les océans, l’obsession du travail bien
fait malgré les difficultés, l'intuition d'être investi d’une mission et peut-être celle aussi de
l'amour impossible.
Il y a derrière les mots ses angoisses existentielles, celle de la solitude, de la
nostalgie de l'enfance, de la mort qu'il traîne depuis son plus jeune âge et qui ne le
quitteront plus. Il est un écrivain qui a parlé de son dangereux métier avec passion,
comme un homme d'action et de devoir, comme un humaniste aussi et qui reste dans la
mémoire collective comme une référence.
Cette première œuvre sera un succès qui décidera de la carrière d'écrivain de
Saint- Exupéry.

Écrit pendant son séjour en Argentine, Vol de nuit reçoit un accueil


enthousiaste des lecteurs dés sa parution en 1931. Acclamé par la critique, récompensé
par des prix littéraires en France et aux États-Unis, Vol de nuit consacre Antoine de Saint-
Exupéry comme un des écrivains majeurs de sa génération.
Pour Saint-Exupéry, Vol de nuit est surtout un hymne à la nuit, celle qui réveille
les souvenirs et invite à une profonde méditation, « la nuit qui inquiète », « la nuit
difficile », « la grande nuit qui les enferme »…
Une fois de plus, Saint-Exupéry puise dans son expérience pour raconter une
histoire. L’histoire se déroule en Amérique du Sud où en 1928, la Compagnie met en
place les vols de nuit. Toute erreur devient mortelle, toute faiblesse catastrophique. Il ne
s’agit pas uniquement d’améliorer les appareils et les instruments de bord mais d’aguerrir
les hommes. Le courage est une façon de se dépasser. La discipline est un combat avec le
désordre du monde.
Rivière, le responsable du réseau, est plus qu’intransigeant avec ses hommes.
C’est lui qui a imposé les vols de nuit et se bat pour les maintenir en dépit des difficultés.
Il demande à ses pilotes d’affronter les mauvaises conditions atmosphériques pour ne pas
retarder le courrier, mais surtout pour vaincre leur peur. Fabien, le pilote, affronte la mort
parce qu’il fait de son devoir le sens de l’existence. La mort devient une victoire, même si
elle se paye de larmes et de souffrances. Le courrier de Patagonie est menacé par l’orage.
Fabien ne peut contourner la masse nuageuse transpercée d’éclairs. L’aéroport qu’il vient
de quitter est pris dans la tempête et tout atterrissage est impossible.
Il ne peut pas rebrousser chemin et doit affronter la tempête.
À Buenos Aires, Rivière attend des nouvelles. La liaison radio avec les autres
aéroports est interrompue, trop d’éclairs. Il ne peut rien, sinon attendre.
Perdu dans les nuages, Fabien lance sa fusée éclairante et se rend compte qu’il est
au-dessus de la mer. Il change de cap pour revenir vers la terre et envoie un message à
Buenos Aires pour informer de ses difficultés.
À Buenos Aires, Rivière comprend que l’avion est perdu. Il pense à la femme de
Fabien qui arrive justement, inquiète. Elle se sent mal à l’aise dans cet univers où il n’y a
pas de place pour la pitié. Face à Rivière se dresse non l’épouse, mais « un autre sens de
la vie ». Rivière sait que Fabien a épuisé son essence et qu’il n’y a plus d’espoir. Mais si
Rivière arrête un seul avion, s’il accepte un seul retard, la cause des vols de nuit serait
perdue. Tout doit continuer. Rivière porte « sa lourde victoire ».
Sa vie de pilote et les reportages qu’il fait pour différents journaux fournissent à
Saint-Exupéry la matière de son troisième livre, Terre des hommes. Publié en février
1939, le livre est élu Grand Prix du roman de l’Académie française, bien que ce ne soit
pas un roman.
Œuvre autobiographique Terre des hommes, relate les exploits des pilotes de
l’Aéropostale, et de quelques autres épisodes de sa vie d’aviateur entre 1926 et 1935.
Saint-Exupéry entame l’écriture de ce troisième livre en 1938 dont André Gide lui inspire
la construction : « Pourquoi n’écririez-vous pas quelque chose qui ne serait pas un récit
continu, mais une sorte de…(…). enfin comme un bouquet, une gerbe, sans tenir compte
des lieux et du temps, le groupement en divers chapitres des sensations, des émotions, des
réflexions de l’aviateur (…) ».
Saint-Exupéry compile la série d’articles Le Vol brisé, Prison de sable, parue
dans L’Intransigeant en 1936. Les détails de son accident en Libye viennent alimenter le
chapitre central du livre Au centre du désert. D’un chapitre à l’autre, il déploie sa pensée
humaniste et visionnaire dans un langage universel. Il illustre son point de vue sur le
monde et alimente sa réflexion sur de nombreux thèmes : la mort, l’amitié, l’héroïsme, la
quête de sens…
Avec Pilote de guerre, Antoine de Saint-Exupéry offre le témoignage
bouleversant de la débâcle de juin 1940. Le livre est publié d’abord aux États-Unis en
février 1942, simultanément en français et en anglais.
Le 3 septembre 1939, la France déclare la guerre à l’Allemagne. Saint-Exupéry
est mobilisé et obtient d’être affecté au groupe d’aviation 2/33 où il y accompli des
missions de reconnaissances photographiques. Le 22 juin 1940, l’armistice est signé et la
France est divisée en deux zones par une ligne de démarcation. Démobilisation en été
1940 Saint-Exupéry s’exile aux États-Unis en décembre 1940 où il écrit Pilote de guerre.
Il fait le récit des missions qu’il a accompli au sein du groupe 2/33, il raconte la guerre,
ses horreurs et l’humiliation de la défaite.
Avec pudeur et amour de l’homme et de son pays, Saint-Exupéry rend hommage à
ceux qui ont sacrifié leur vie. Il signe le manifeste d’une France qui refuse la défaite. Il
livre une œuvre de réflexion sur les fondements de la civilisation occidentale. Il croit à la
victoire parce qu’il croit aux vertus d’une tradition spirituelle qui offre à chacun des
raisons de croître, de se dépasser, de se sacrifier pour bâtir le monde.

Les trois livres les plus lus en France, et sans doute aussi dans l'ensemble de la
francophonie, sont dans l’ordre : La Bible, Les Misérables de Victor Hugo et le Petit
Prince de Saint-Exupéry. Nous nous arrêterons au Petit Prince et à son auteur Antoine de
Saint-Exupéry, dont l’œuvre et la vie sont un parfait exemple de ce que peut être la
contribution de la langue et de la culture françaises à la civilisation de l’universel.
En effet, cette oeuvre, traduite en 300 langues, “est considérée, après la Bible,
comme étant le livre le plus vendu dans le monde”. C’est ce
que publia le magazine français, L’EXPRESS. Aussi dit-on que Le Petit Prince est une
fable qui nous initie à comment faire le bien et éviter le mal. Certains disent que c’est un
livre du genre “Fiction Stories” qui nous racontent des voyages fantastiques. Les critiques
sont d’accord pour dire que c’est “un livre pour enfants mais peut être analysé à de
nombreux différents niveaux.
Le petit prince, c’est donc l’anti Louis XIV : c’est l’image de l’enfance, de la
pureté, de l’innocence. C’est le climat d’un univers enfantin dont témoignent les couleurs
pastels, dont la peinture naïve – des ronds pour les yeux et la bouche et un trait pour le
nez (ce qui rend d’ailleurs son visage assez inexpressif) – est à l’image de la naïveté du
personnage éponyme et dont la graphie du titre en lettres rondes rappellent l’écriture
enfantine.
Mais ce petit bouquin, à complexité simple, traite des problèmes existentiels auxquels
nous faisons face dans notre vie de tous les jours; il révèle au lecteur la vie conformiste et
matérialiste des adultes en posant des questions sur le sens de la vie, et en montrant que si
l’homme n’apprend pas à voir au delà de la superficialité des choses, il risquera de vivre
une solitude même dans un monde surpeuplé. Antoine de Saint Exupéry réussit à nous
révéler le secret de la vie: “On ne voit bien qu’avec le coeur. L’essentiel est invisible pour
les yeux”
Saint-Exupéry veut être pris au sérieux : « je n’aime pas qu’on lise mon livre à la
légère. », puisqu’il aborde des thèmes très importants pour lui : le contraste entre
apparence et réalité (avant tout il faut penser au turc qui a découvert l’astéroïde B 612,
auquel personne n’a cru à cause de ses vêtements), l’incapacité de communiquer entre
enfants et adultes (l’épisode du boa et l’éléphant), l’importance des relations entre
personnes et de la responsabilité des autres (rapports petit prince-rose, petit prince-renard,
petit prince-aviateur), la perte de vraies valeurs à cause de l’argent et du pouvoir (le roi,
le buveur, le vaniteux…).
Pour faire passer son message, l’auteur fait accompagner le petit prince de
personnages- appui dans des rôles bien déterminés. L’astronome turc découvre la maison
du petit prince, l’astéroïde B-612. Quand ce dernier présente sa découverte dans un
congrès international, personne ne le croit à cause de son costume; mais après, lorsqu’il a
porté “un habit très élégant” -imposé sous peine de mort - tout le monde fut de son avis.
Les hommes n’ont pas appris à regarder à l’intérieur des choses; ce qui leur importe ce
sont les apparences: mieux on est vêtu plus on a de la chance d’être accepté; on existe par
force d’habits; pire est-il que ces habits sont imposés sous peine de mort. De plus, ce qui
attire l’attention dans ce chapitre c’est que le dessin qui accompagne cette scène montre
le turc bien vêtu comme ayant la tête d’un mouton sans visage, alors qu’il avait un visage
normal lorsqu’il portait son autre costume. Saint Exupéry voulait-il dire que parfois, en
changeant sa façon d’être, l’homme perd son identité?

Après l’astronome, le petit prince entre en relation avec un roi qui régnait sur une planète
vide (Saint Exupéry, p.41), un vaniteux qui se croit admiré par tout le monde bien que par
sa planète ne passe jamais personne, un buveur esseulé qui boit pour oublier qu’il boit, un
homme d’affaires (businessman) occupé à faire des comptes, un allumeur de réverbères --
unique personnage dont le petit prince pense faire un ami car son travail a un sens et il
s’occupe d’autre chose que de soi-même (Saint Exupéry, pp. 59, 61), et
un géographe qui se croît trop important pour aller explorer le monde (Saint Exupéry,
p.64) et qui ne note pas les fleurs dans son registre car les fleurs sont éphémères
(SaintExupéry, p.65).

Chacun de ces personnages représente un des caractères de l’Homme; caractères que


l’homme doit dépasser pour pouvoir entrer en communication et tisser des liens avec
autrui. Tous ces personnages vivent seuls, certains en sentent la lourdeur, d’autres n’en
sont même pas conscients, mais personne n’est satisfait de soi la preuve est que tous
cherchent à s’enfoncer plus dans ce qu’ils font; ils s’y enfoncent à la recherche de
quelque chose perdu mais qu’ils ne trouveront jamais. Pour le
petit prince, l’activité de ces gens semble extravagante; il s’en étonne.
Parmi eux, il se sent étranger; il ne se reconnaît
même plus face à ces “créatures” auxquelles il ne ressemble point, pourtant, lui, il reste
toujours doux et calme.
Enfin, le petit prince. Personnage très original de part son caractère, sa simplicité
et sa naïveté accompagnée d’une intelligence limpide sans ruse, ce héros jouit d’une
simplicité et d’une paix interne qui se reflètent positivement sur tous les détails de sa vie:
ses relations avec les gens, sa paisible façon d’être avec les animaux même les plus
sauvages (il n’a pas eu peur du serpent, il a apprivoisé le renard), sa clairvoyance qui lui
permet de voir plus loin qu’avec les yeux (il a reconnu le dessin du boa avalant un
éléphant), la responsabilité et le respect qu’il porte envers la nature et surtout sa planète
(juste après sa toilette matinale, il fait la toilette de sa planète).
De plus, malgré son âge jeune, ce héros possède une intelligence et une sagesse
très précoces: lorsqu’il expliquait au narrateur qu’il nettoyait
sa planète des petites plantes parasites avant qu’elles ne grandissent, il a parlé des
baobabs, alors le narrateur, sous-estimant les facultés mentales du petit prince, fit la
remarque que les baobabs sont des arbres très grands; le petit prince répondit: “les
baobabs avant de grandir, ça commence par
être petit” (Saint Exupéry, p. 20). De même il connaît que le vrai amour requiert de la
maturité; en parlant de sa rose il dit: “Mais j’étais trop jeune pour savoir l’aimer”
(Saint Exupéry, p. 37). La sagesse du petit prince fait de lui une personne qui donne un
sens nouveau aux valeurs humaines: posséder quelque chose n’est pas nécessairement
s’en accaparer, mais lui être utile; ainsi, dit-il au businessman « C’est utile à mes volcans,
et c’est utile à ma fleur, que je les possède ».
Enfin, on ne peut point négliger l’identification entre
le personnage du petit prince et l’auteur lui même. A part la ressemblance entre la
relation qui le liait à la rose et celle qui liait l’auteur à sa mère, plusieurs autres points
sont en commun. Tout d’abord, l’enfance de Saint Exupéry était aisée, il vivait dans des
châteaux; pour son oeuvre il a choisi pour héros un enfant- prince. Même du point de vue
physionomie les deux se ressemblent: l’auteur était très blond, on l’appelait le roi soleil à
cause de la couleur de ses cheveux; le héros est blond, il a des cheveux couleur de blé,
donc dorés, et l’auteur l’a nommé “petit prince”.
Enfin, l’auteur et le petit prince se ressemblent par leur
caractère persévérant. Saint Exupéry a été reconnu par sa persévérance, les détails de sa
vie le montrent bien; le petit prince est aussi une personne très persévérante, il ne
renonçait jamais à une question une fois qu’il l’avait posée.

Résumé de l’oeuvre
Le Petit Prince est une oeuvre qui ne peut être facilement résumée, car on risque
de perdre le message qu’elle porte, étant donné que ce message est déclaré dans les
détails.
Cependant, l’histoire est une aventure mystique, conté à la première personne, qui
commence lorsque Saint Exupéry est forcé de faire un atterrissage dans le désert du
Sahara. Sa machine étant endommagée, il tente de la retaper pour repartir et c’est lors des
réparations qu’il fait la surprenante rencontre du Petit Prince. Un étrange petit bonhomme
à la chevelure dorée venu d’une autre planète qui lui fait le récit de ses diverses aventures
et rencontres avant ce jour.
Le petit prince décrit son voyage, les planètes qu’il a visitées et ses expériences
vécues dessus; la septième planète étant la Terre. Ces expériences résument en fait les
différents aspects relationnels entre les hommes d’une part, et entre l’homme et son
environnement d’autre part. L’histoire prend fin avec le départ du petit prince de la Terre
un an après son arrivée.
Le ton dominant est lyrique : on parle des sentiments, surtout à la première
personne ou à la deuxième du singulier. Le locuteur exprime ses états d’âme et ses
émotions, son investissement personnel et affectif, en cherchant d’émouvoir le lecteur.
On s’identifie facilement avec l’aviateur, avec ses problèmes dans la relation avec le petit
prince, mais aussi avec le petit prince et son rapport difficile avec sa rose.
La dédicace et l’incipit placent ce récit dans la littérature pour les enfants ; il faut
souligner même l’importance des dessins qui font la particularité de ce livre : le paratexte
a contribué à rendre célèbres les personnages et l’auteur. Les aquarelles réalisées par
l’auteur, font partie du texte et participent à cette simplicité du langage : dépouillement et
profondeur sont les deux grandes qualités de l'œuvre. On peut y lire une invitation de
l'auteur à retrouver l'enfant en soi, car « toutes les grandes personnes ont d'abord été des
enfants. (Mais peu d'entre elles s'en souviennent.) ». L'ouvrage est dédié à Léon Werth,
mais « quand il était petit garçon ».
Thèmes évoqués:
Dans cette oeuvre, on trouve des conseils pour initier et guider les générations
futures, et des idées qui reflètent ce qu’est vraiment le réel. Saint Exupéry a évoqué
plusieurs thèmes à travers les personnages : la sagesse, l’amour (Pour Saint Exupéry,
l’amour n’est pas un problème de choix, c’est une question de conséquence: on vit donc
on aime; l’amour est une façon de survivre), l’enfance (Pour nous révéler tous ces secrets
l’auteur a surtout recours à l’enfance. Le petit prince ne cesse de poser des questions sur
le sens de la vie. La plupart des réponses qu’on lui donne sont rationnels, et montrent la
stupidité des hommes et combien ils sont bornés et ne voient qu’avec les yeux.)
En fait, ce livre est une oeuvre qui dépasse le temps vu son actualité 50 ans après.
C’est une oeuvre romantique grâce aux images pures qu’a peintes l’auteur, c’est aussi une
œuvre réaliste car tellement ancrée dans le réel, de même, c’est une oeuvre symbolique
vu les symboles auxquels a eu recours l’auteur pour faire parvenir son message. Le petit
prince vit-il dans l’imagination de chacun de nous? Ce livre à peine refermé, l’héros nous
manque déjà. Mais le rêve que Saint Exupéry a voulu nous faire partager reste lancé:
Lorsque les hommes auront compris que le bonheur est à portée de main, qu’il suffit d’un
peu de volonté pour le trouver, le monde sera meilleur.

Saint-Exupéry laisse dans Citadelle, son ultime ouvrage, un art poétique riche et
cohérent. Il nous y livre ses pensées sur le sens du métier d'écrivain, tributaire de la
solidarité qui relie l'écrivain aux autres hommes et consistant à " inventer " des concepts
capables d'enrichir leur vision du monde tout en résolvant des contradictions existantes. Il
développe parallèlement une réflexion poussée sur le fonctionnement de l'écriture, ses
ressorts, ses composants et leurs mécanismes, afin de permettre au mieux la transmission
de ce message. Saint-Exupéry aboutit enfin à l'idée que le style est une véritable méthode
de compréhension du monde.
Saint-Exupéry désignait lui-même Citadelle comme son œuvre posthume.
Ébauché dès 1936, le texte est élaboré parallèlement aux derniers livres publiés de son
vivant : Terre des hommes, Pilote de guerre, Le Petit Prince. Rassemblés dans une valise,
les feuillets écrits sur plusieurs années forment un recueil de réflexions sur la condition
de l’homme et son lien à Dieu.
Il est difficile d’imaginer la forme finale de ce texte que Saint-Exupéry avait
l’intention de corriger, ce qui signifiait pour lui, une réécriture. Les feuillets qui nous sont
parvenus représentent à eux seuls, en nombre de pages, la moitié de son œuvre. Publié
pour la première fois en 1948, le manuscrit est structuré en 219 chapitres dont l’ordre
n’est peut-être pas celui que l’auteur aurait privilégié s’il avait pu achever son travail.
Cette organisation des chapitres tente de dessiner une vision cohérente du message de
Saint-Exupéry.
L’ouvrage est écrit à la première personne et il s’agit du discours d’un chef
berbère dont le père du « sang des aigles » a été assassiné. Sa sagesse lui vient des
enseignements de son père et des expériences exceptionnelles ou ordinaires qu’il a lui-
même vécues et qu’il interroge pour comprendre le fonctionnement des individus, du
monde et des sociétés.

Il y a des langues qui, par leur nature même, en raison des modèles qu’elles
proposent, exigent des écrivains qu’ils se montrent au plus haut degré responsables de
leurs mots. La langue française en est une et chez les meilleurs de ses écrivains, la
responsabilité à l’égard des mots devient la vérité du style. Les mots sont soumis à la
pesanteur comme les choses, comme les hommes. Abandonnés à eux-mêmes, ils tombent
et deviennent inertes, chute dont les conséquences sur le plan moral sont immédiates
quand il s’agit des mots désignant les diverses formes du bien et du mal. La
responsabilité des écrivains est de ressusciter ces mots en les ramenant à leur source :
l’expérience, la vie. Saint-Exupéry s’est acquitté de cette responsabilité d’une façon
exemplaire. Responsable des mots, responsable des hommes, responsable des choses,
responsable de la nature, un même devoir que la conjoncture actuelle rend plus que
jamais impérieux.