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UNE NOUVELLE CONCEPTION DANS LE SIGNE LINGUISTIQUE

Ferdinand de Saussure (1857-1913), fondateur de la linguistique moderne, définit le


signe linguistique comme l’union d’une image mentale non perceptible et d’une image
acoustique perceptible. S’il faut utiliser les termes mentionnés dans « Cours de linguistique
générale », le signe linguistique est doté d’un signifiant (SA) et d’un signifié (SE).

Contenu sémantique
Gösterilen Signifié SE
Gösteren Signifiant SA [kelebek][papijŏ]
Expression phonique

Le SA est la partie auditive et phonologique du signe linguistique alors que le SE en


constitue la partie sémantique. Ces deux parties du signe sont indivisibles comme les deux
faces d’une feuille de papier. Le signe unit non une chose à un mot mais un concept à une
image acoustique. Les termes impliqués dans le signe linguistique sont tous les deux
psychiques.
Le signe n’est pas le mot qui désigne la chose mais une entité mentale double d’un
caractère plus abstrait et complexe. Ces deux parties du signe sont solidaires et
dialectiquement liées. Le lien qui unit SA et SE est arbitraire et nécessaire. Il n’y a aucun lien
naturel, analogique ou objectif entre et “papillon” qui a pour SA [papijõ], il pourrait
aussi bien être représenté par n’importe quel autre SA. “kelebek” (turc), “Schmetterling”
(allemand), “butterfly” (anglais), “farfalla” (italien), “mariposa” (espagnol), [peperudka]
(bulgare), [babicka] (russe).

Saussure étudie le signe linguistique en deux plans.

Plan de l’expression phonique Plan du contenu sémantique


signifiant signifié
SA SE
Ce que j’entends Ce que je conçois
Domaine de perception Domaine de conceptualisation de la pensée

1
Deux linguistes anglais Ogden et Richards, influencés par Pearce, ont étudié la langue
du point de vue sémantique. Ils ont introduit dans le signe dyadique de Saussure un troisième
élément : LE REFERENT (RE).
Le référent est la chose nommée de l’univers extralinguistique. Il peut être réel ou
imaginaire, abstrait ou concret

« güneş »
concept
SE

Rapport de désignation Rapport de signification


DENOTATION CONNOTATION

RE ……………………… arbitraire ……..………………….. SA [sɔl ɛj]


Chose nommée DENOMINATION Séquence sonore
Pas de relation directe
entre la chose et sa dénomination

Le triangle sémiotique a le mérite de mettre en valeur le rapport de signification qui


unit le signifiant (SA) et le signifié (SE) et celui de la désignation qui concerne le signe dans
sa liaison à l’objet, à la chose. Grâce au triangle sémiotique, il nous est possible d’étudier
certains phénomènes linguistiques comme la DENOTATION et LA CONNOTATION.

LA DENOTATION ET LA CONNOTATION

La dénotation est le sens premier d’un mot tel qu’il est donné dans le dictionnaire. La
dénotation est habituellement définie comme l’aspect sémantiquement stable d’un signifié
(SE). La dénotation est le rapport établi entre le signe et l’objet réel (le référent). Elle désigne
le processus entre le SA et le RE. Elle indique la relation entre le rapport linguistique et la
réalité extralinguistique. La dénotation s’oppose à la connotation.

2
La connotation marque l’ensemble des valeurs affectives que prend un mot suivant chaque
individu, un groupe social. La dénotation montre le sens explicite du mot alors que la
connotation les sens implicites. « ROUGE » dénote « une couleur » mais connote « le
danger » dans certains contextes, « une vue politique » ou « une révolte » dans d’autres.

ROUGE
Dénotation / sens dénotatif Connotation / sens connotatif
une couleur une vue politique
le danger
la révolte
sens fondamental (sens de base) sens contextuel
sens référentiel sens émotif
sens propre sens figuré
sens explicite sens implicite
sens objectif sens subjectif
sens général sens individuel
sens essentiel sens secondaire

La dénotation : ce qui dans le mot est purement référentiel, cognitif, conceptuel. La


signification que possède le mot pout toute communauté linguistique.
La connotation désigne les associations intellectuelles et émotives que le mot peut suggérer.
Elle désigne d’autre part les valeurs particulières, variables, fugitives que le mot peut acquérir
dans une conscience individuelle.
Le sens dénotatif et celui connotatif se réunissent au sein de la communauté
linguistique. Tout mot de la langue peut être utilisé au sens connotatif car chacun est énoncé
par un sujet parlant. Dès qu’il s’agit de l’intervention du sujet parlant, on arrive à la
subjectivité.

1.Güneş doğudan doğar. 2. Bir Hilal uğruna ne güneşler batıyor!


“güneş” “asker”
“soleil” “soldat”
SE1 SE2

1 2
dénotation güneş connotation
RE1 SA RE2
[ sɔl ɛj ]

La connotation fait dire aux mots ce qu’ils ne veulent jamais dire. D’où les figures de style.

3
LES FIGURES DE STYLE
LA COMPARAISON / LA METAPHORE / LA METONYMIE

LA COMPARAISON / Karşılaştırma / Teşbih

La comparaison est une figure de style qui consiste à souligner, à désigner la ressemblance
entre deux notions. Dans ce rapport, on rencontre toujours des traits communs entre ces deux
objets, ces deux idées.
Dans une comparaison, il y a théoriquement 4 éléments. Soit la phrase

« Cette rivière est sinueuse comme un serpent. »

comparé point commun mot de liaison comparant


rivière sinueuse comme serpent

La « rivière » est comparée avec le « serpent » en partant d’une analogie « sinueuse ». Ce


rapport est assuré à l’aide de la préposition « comme ».

Les mots de liaison entre le comparé et le comparant peuvent être classés de la façon
suivante :

comme pareil à une sorte de plus on dirait


ainsi que semblable à un genre de moins avoir l’air
analogue à une espèce de aussi ressembler à
identique à à la manière de

Elle avait l’air malade,


Le Français ainsi que l’Italien dérive du Latin

Le Français est riche d’expressions de comparaison.


Bête comme un chou être soûl comme un cochon, une grive
Fort comme un lion être ennuyeux comme la pluie
Frapper comme un sourd Courir comme un dératé
Sourd comme un pot
Rusé comme un renard
Noir comme l’ébène
Belle comme le jour Etoffe mince comme du papier à cigarette
Rouge comme un coquelicot, une tomate
Maigre comme un clou
Bavard comme une pie
Malin comme un singe
Sérieux comme un pape
Gai comme un pinson
Long comme un jour sans pain
Simple comme bonjour
Gentil comme un cœur
Têtu comme une mule
Fragile comme du verre
Frais comme un roseau
Riche comme Crésus

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LA METAPHORE / Eğretileme /Deyim aktarması / İstiare

La métaphore est une figure de style qui consiste à désigner une notion par un mot qui
convient pour une autre notion liée à la précédente par une analogie. La métaphore fusionne
donc en un seul les deux termes de la comparaison. La métaphore montre une variation
référentielle. La métaphore est un écart de type paradigmatique par lequel l’émetteur substitue
un sens 1 à un sens 2. La métaphore fait intervenir des sèmes dénotatifs.

Dans la métaphore, il y a entre ces deux mots une relation de ressemblance ou d’analogie.

L’alcool est la mère de tous les vices.


[La source]

« La mère » est la source de la « fertilité ». De ce sème commun « fertilité », on a réalisé une


figure de style que nous appelons la métaphore.

Dans les phrases normales, il y a une harmonie des traits lexicaux :

Le directeur criait ses ordres.


[+ h] [+ h]

Mais si vous changez cette harmonie au profit d’une expression littéraire, vous arriverez à une
métaphore.

Le directeur aboyait ses ordres.


[+ h] [- h]

La métaphore nous permet d’utiliser deux mots qui ne puissent jamais se trouver dans le
même contexte.

Yorgun sarı yapraklar altında uzun bir gece geçirdik.


[+ h] [- h]

Les unités sur l’axe paradigmatique sont entre elles dans une relation de similarité. La
similarité nous renvoie à la ressemblance et on obtient ainsi une ressemblance commune avec
la métaphore.

L’alcool est la mère de tous les vices.


Ila mis un gros baiser sur les pommes de sa fille.

METAPHORE CREATRICE

Ce sont les métaphores qui appartiennent aux écrivains. Elle est en rapport avec la parole ;
elle est donc individuelle.

« Déjà la nuit en son parc amassait un grand troupeau d’étoiles vagabondes.» (Du Bellay)
« Elle l’a tiré de justesse des griffes de l’ennemi. »

Le sème commun entre l’ennemi et l’animal est la sauvagerie qui est exprimée par le mot
« griffe ».

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METAPHORE FIGEE (le sens figuré = mecaz anlam,)

Ce sont les métaphores qui ont perdu toute valeur évocatrice ; elles se figurent dans la langue
courante, elles sont acceptées, utilisées par toute la société.

Beaucoup d’expressions en Français ont perdu leur valeur métaphorique pour se figurer dans
la langue parlée quotidienne. (La catachrèse)

Un pied de biche, Le lit d’une rivière.


Au pied de la montagne, La bouche de la bouteille
Le pied de la chaise, Çekmecenin gözü
Un pied de lit, Les dents d’une scie
Un pied-noir La tête du clou
Le lit d’une rivière Yavru ağzı
L’œil d’une aiguille, Katır tırnağı
L’œil d’une porte, Kedi gözü
L’œil de bœuf, Karga burnu
L’œil de perdrix, Deve boynu
Les ailes d’un moulin

Le poids insupportable de la vie et de la solitude.

Tremper les mains dans le sang


Tremper dans un assassinat, un complot, un crime.

La pluie battante La lumière aveuglante


Un bruit infernal Un malade cloué au lit
Un accueil glacial Des mots piquants
Des paroles blessantes Un gouvernement sourd aux protestations
Il faut extirper la racine du mal.
La fièvre de la campagne électorale a couvert toute la Turquie.

EXERCICE

CLASSEZ SELON QUE L’ADJECTIF A UN SENS PROPRE OU METAPHORIQUE

SENS PROPRE SENS METAPHORIQUE


1 Les mains sanglantes un affront sanglant
2 Le soleil étincelant Une verve étincelante
3 Un enfant criard Des couleurs criardes
4 Une faim dévorante Une curiosité dévorante
5 Un liquide sirupeux une musique sirupeuse
6 Des bêtes mordantes un froid mordant
7 Des jambes maigres un maigre salaire

6
EXERCICE: Utilisez le mot « langue » d’abord au sens propre et ensuite aux sens
métaphoriques

Dans ce dictionnaire, on trouve les principaux mots de la langue anglaise.


C’est un garçon qui ne sait pas tenir sa langue.
Je me méfie de lui, il a une mauvaise langue.
Chose curieuse ; pendant toute la soirée, il a avalé sa langue.
Nous avons eu du mal à lui délier la langue, mais après son troisième verre, il a tout raconté.

CLASSEZ SELON QUE LE VERBE A UN SENS PROPRE OU METAPHORIQUE

1 Son pied a glissé sur la pente raide. On lui reproche d’avoir glissé vers la droite.
2 Ça me distrait de regarder la neige Le gouvernement est tombé par suite d’une crise.
tomber.
3 Les oiseaux mangent des miettes de pain. Elle a mangé toute sa fortune en un an.
4 Il ne s’est pas retenu de gifler sa femme. Les paroles insolentes de son fils l’ont giflé.
5 Le chat dort tranquillement sous la Il faut avoir peur de l’eau qui dort.
chaise.
6 Tu ronfles en dormant Les voitures ont ronflé toute la nuit.
7 Il chante une jolie chanson française. Entendez-vous les Boeings chanter là-haut ?
8 Il vient vers moi. Cela ne me vient pas à l’esprit.
9 Les fourmilles rongent l’arbre. La nuit ronge tout doucement ses ongles et ses
songes
10 J’aime camper au bord de la mer. Une mer de manifestants fourmillait à Taksim.

Il a balayé les arguments de son adversaire.


La brigade marchait sous une pluie de balles.
La nature est couverte d’un manteau tout blanc.
Déjà la nuit dans son parc amassait un grand troupeau d’étoiles vagabondes.
On a construit un édifice effrayant le ciel.
Vos enfants seront la couronne blanche de votre tête.
Ankara est le cœur de la Turquie.
Elvan elvan kokun gelir yar oturmuş yele karşı. (Karacaoğlan)
Bu sahillerin her yerinden seslenir hazin günlerin derbeder musikisi. (YKB)
Karga pazarı dağlarını tırmanan yaşlı yorgun bir otobüsteyim. (A. Ilhan)
La nature tend les bras.
Venez en Turquie, flirtez avec la nature.
Ils fuyaient et le désert dévorait le cortège. (Victor Hugo)
Le temps mange la vie.
L’aorte du Pont Neuf frémit comme un orchestre.
Il défend son opinion avec feu.
Les enfants sont les fruits de votre avenir.
Les Verts ont gagné 10 chaises au parlement.
Giscard a laissé son fauteuil à Mitterrand.

7
LA METONYMIE / Düz değişmece / Mecaz-ı mürsel, ad aktarması)

On appelle la métonymie tout changement sémantique fondé sur un rapport de proximité entre
les objets, les lieux ou les actions. Elle fait intervenir des sèmes connotatifs.
La métonymie est un écart de type syntagmatique. Il y a une relation de contiguïté dans la
métonymie.

Je bois chaque nuit une bouteille. (Je parle du contenant au lieu de parler du contenu.)

La cuisine est trop petite pour y mettre le réfrigérateur.


Ce livre de gastronomie ne me suffit pas à connaitre la cuisine française.
On m’a conseillé vivement ce restaurant, il parait que la cuisine y est délicieuse.

Mettez-vous à table, s’il vous plait !


Il est monté au trône.
Les neufs se sont réunis à Bruxelles.
Les Verts ont battus les Bleus.
Le stade s’est levé. >> B est le contenant de A.
Je ne me laisserai jamais de lire un Zola. >> B est l’auteur de A.
Mon père est une sacrée fourchette. >> B est utilisée par A.
La Maison blanche veut terminer la guerre en Afghanistan. >>B est le lieu où se trouve A.
Je vous conseille un Beaujolais. >> L’objet est nommé par le lieu de fabrication de cet objet.
Objet (instrument) / agent
Contenant / contenu
Action / résultat
Lieu / habitants
Partie / tout
Objet / lieu de fabrication de cet objet

ETUDIEZ LE RAPPORT DANS LES METONYMIES SUIVANTES

1 Il vaut mieux le juger selon son travail résultat action


2 Nous avons bu deux bouteilles. contenu contenant
3 Pour le Noel, il a commandé une caisse de champagne. objet lieu
4 Il gagna sa vie avec sa plume. instrument agent
5 L’Europe mène une campagne anti-tabac. lieu occupant
6 Son cœur est brisé à la suite de ses dernières expériences. partie tout
7 Paris avait soif, Paris avait faim, Paris avait peur. (P. Eluard) lieu occupant
8. Toute la classe a applaudi leur professeur. lieu occupant
9 Toute l’Espagne admire mon bras. (Corneille) lieu occupant
10 Sobayı yak contenu contenant
11 Tabağını bitirdin mi ? contenu contenant
12 Hugo est une bonne plume. instrument agent
13 Je veux acheter un Picasso. instrument agent
14 J’ai fini Camus. instrument agent
15 Çankaya a refusé cette loi. lieu occupant
16 Mettez-vous à table SVP. contenu contenant
17 Il vit de la sueur de son front. cause effet
18 La jeunesse est souvent présomptueuse. abstrait concret

8
Boire un verre >> Désignation du contenu par le contenant.
Avoir du cœur >> désignation d’une qualité morale par une partie du corps.
Donnez-moi une Française, une Samsun. >> On utilise le nom de lieu pour désigner la
chose.
Nous avons acheté un bordeaux, un champagne
Les raquettes turques ont gagné toutes les rencontres. >> L’agent par l’instrument.
Un trois mâts a sombré en Méditerranée. (Pour un voilier possédant trois mâts.)
Paris murmure >> Le contenant pour le contenu
Il découvrit de nouveaux visages.
Un troupeau de centaine de têtes.
Tiyatro >> sahne,
sinema >> beyaz perde,
İstanbul >> yedi tepe

Les sanglots longs


Des violons
De l’automne (METAPHORE)
Blessent mon cœur,
D’une langueur
Monotone. (METONYMIE)

Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l’heure,
Je me souviens, des jours anciens
Et je pleure.

Et je m’en vais
Au vent mauvais
Qui m’emporte
Deçà, delà
Pareil à la
Feuille morte. (COMPARAISON) Paul VERLAINE
Poèmes saturniens

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LES REGISTRES DE LANGUE / LES NIVEAUX DE LANGUE

Les mots ou les expressions désignant une même réalité varient selon les groupes sociaux et
les situations de communication. Dans une langue donnée, on constate que certains usages
apparaissent uniquement dans des milieux déterminés et d’autres dans d’autres milieux
déterminés ou par référence à eux. Toutefois, quelques soient les situations linguistiques, on
retrouve toujours au moins les trois niveaux suivants :

1. Une langue soutenue, qui tend à ressembler au parler cultivé, utilisé dans la couche
qui jouit du prestige intellectuelle. Utilisé surtout dans la langue littéraire, elle préfère
un vocabulaire soutenu riche de figures de style, une syntaxe correcte, des phrases
longues.
2. Une langue courante, qui tend à suivre les usages du parler standard. Utilisé dans les
langues parlée et écrite, ce registre de langue est accepté par toutes les couches de la
société.
3. Une langue familière, qui tend à noter une conversation familière. Généralement
utilisé dans la langue parlée, ce registre s’emploie entre amis. On rencontre ce niveau
de langue tant au niveau lexical qu’au niveau grammatical.
4. Une langue argotique / vulgaire, qui tend à être utilisée dans la rue pour donner au
mot une valeur péjorative.

On utilise, par exemple, l’adjectif « assoiffé » dans la langue courante alors que son
synonyme « altéré » dans la langue littéraire / soutenue. De même, « céder, reculer devant
une difficulté » s’emploie dans la langue courante tandis que « caler devant une difficulté »
dans la langue familière ; «favori, préféré » dans la langue courante, « chouchou » dans la
langue familière. « Dormir » de la langue courante peut avoir une valeur péjorative avec
« pioncer », et une valeur soutenue avec « s’assoupir ». La phrase « une nounou pour mes
toutous » de la langue enfantine correspond à « je cherche une nourrice pour mes chiens »
de la langue standard. « Manger » a plusieurs utilisations argotiques : « bouffer, boulotter,
briffer, casser la croûte, casser la graine, claper, craquer, croûter, grailler, jaffer ».

Le niveau de langue n’intéresse pas seulement le lexique mais aussi la syntaxe grammaticale :

FAMILIER COURANT SOUTENU


Je viens pas Je ne viens pas
Tu viens ? Est-ce que tu viens viens-tu ?
GRAMMAIRE

Ton copain, je ne le connais pas. Ton camarade, je ne le connais pas. Je n’ai pas eu le plaisir de
rencontrer ton ami.
Qui c’est qui veut du café ? Qui veut du café ? Qui est-ce qui veut du café ?
T’as dit quoi ? qu’est-ce que tu as dit ? Qu’as-tu dit ?
Merci, y’a pas de quoi. Merci, de rien Merci, je vous en prie.

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FAMILIER COURANT SOUTENU ARGO
bagnole auto, voiture automobile un tacot, une guimbarde
copain camarade ami mon pot
gosse, môme jeune garçon
se marrer, rigoler rire pouffer, s’amuser
carrément franchement délibérément
faire pousser cultiver
papa / maman le père / la mère le père / la mère daron, daronne
machin plante légume
rigoler rire, s’amuser badiner
tapoter pianoter
une jolie petite bouille un joli visage un joli minois
faire la bamboula faire la fête donner une soirée
dire de ordonner enjoindre
se tirer partir se retirer
qui a le cœur sur la main généreux magnanime
garer sa tire garer sa voiture garer son automobile
fort en autodidacte instruit
calé compétent versé dans
trapu savant expert en
bille figure
cacher dissimuler
LEXIQUE

il est 4 h. et demi il est 16 h. trente


mufle visage
un chapeau un galurin
des chaussures des grolles
un cheval un rosse, un canasson
un pur-sang un toquard
une maison une baraque
des vêtements des nippes, des grolles
écouter ausculter
classer classifier
demi semi
imbécile, maladroit salopard, fumier
un avion un zinc
sou, fric argent
flic, un poulet police aubergine, un cogne
se promener balader
boulot travail un taf
dodo sommeil
pour / pour que afin de / afin que
malgré en dépit de
monter gravir
autrefois jadis
jacasser crier
chauffeur conducteur
mourir décéder

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