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La Voie solitaire

Jeanette K. Waldie (18/06/96)


Traduction Moonstonekat

Un solitaire est un païen qui pratique sa religion seul ou avec un partenaire. Les traditions des
solitaires sont aussi variées que le paganisme lui-même. Et bien qu'il pratique seul, le solitaire
peut être aussi compétent et entraîné que n'importe quel membre de coven.
Il y a de nombreuses raisons pour être solitaire. Certains peuvent se trouver dans un
environnement qui ne leur permet pas de pratiquer leur foi ouvertement. D'autres peuvent
évoluer dans des communautés chrétiennes conservatrices. D'autres peuvent être entièrement
dans le "placard à balais" à cause de leur profession. Ils peuvent être dans l'armée ou
déménager fréquemment. Ou bien peut-être n'ont-ils pas trouvé d'autres personnes avec
lesquelles ils se sentiraient à l'aise pour pratiquer.
Beaucoup sont solitaires par choix. Certains sont mal à l'aise avec la politique et ce qu'ils
perçoivent comme la structure rigide de la pratique en coven. D'autres ont développé une voie
éclectique en "patchwork" et ils estiment qu'il leur serait difficile de l'adapter à un coven.
D'autres, comme moi-même, attendent de rencontrer ceux avec qui ils pourront former un
coven. Certains sont totalement seuls. D'autres sont actifs dans leur communauté. Certains
viennent juste de découvrir le paganisme. D'autres, comme moi, pratiquent depuis 10, 15, 20
ans ou plus. Tous ont une relation profonde et intense avec la foi qu'ils ont choisie.
La plupart des solitaires ne sont pas aussi formels dans leur approche que les covens ou
bosquets. Vénérer les Dieux par des actions quotidiennes est courant. Les rituels sont souvent
simples. Un païen de mes connaissances, qui vivait chez ses parents, allumait une bougie et
dit : "Bonne nuit Mère, bonne nuit Père. Merci."
Beaucoup adaptent des rituels publiés à leurs besoins. Les rituels des solitaires sont aisément
pratiqués à l'intérieur et les outils sont souvent absents. Qui a besoin d'une baguette quand son
doigt est amplement suffisant ?
Un des avantages de la voie solitaire est que la "sténo" magique peut être utilisée puisque le
rituel ne doit pas forcément se conformer à un ensemble de symboles pré-existants. Par
exemple, je ferme mon cercle en me tenant au milieu, en pointant mon bâton et en tournant
trois fois sur moi-même. J'invoque les Gardiens en un seul appel. Dans un rituel solitaire, le
niveau d'énergie n'est pas toujours aussi évident ou aussi fort que celui généré par un groupe.
Cependant, la focalisation peut être beaucoup plus exacte et, au bout du compte, tout aussi
puissante, sinon plus.
Parce que les solitaires sont des autodidactes, ce sont des lecteurs enragés. Ils comptent
également beaucoup sur leur intuition pour savoir quand la magie a fonctionné. Ils feront
aussi de nombreuses expériences avec les herbes, les plantes et les talents psychiques. Dans
l'ensemble, l'apprentissage d'un solitaire peut être aussi intensif que celui qu'on trouve dans un
groupe.
Le principal problème que rencontrent les solitaires vient de la communauté païenne. Parce
que les solitaires sont des autodidactes, de nombreux païens de coven pensent que les
solitaires sont des "faux" ou ne savent rien des aspects religieux ou magiques de l'Art.
Citabria, une solitaire que je connais, a juré de créer un autocollant disant : "Je suis solitaire,
pas lobotomisé(e)" parce qu'elle s'est heurtée à cette attitude à maintes reprises.
Heureusement, les choses commencent à changer.
Pour ma part, je trouve que la voie solitaire est gratifiante et aussi puissante que le travail en
coven. Elle m'a permis d'approfondir ma connexion personelle avec les Dieux. Elle m'a appris
la flexibilité et m'a donné la liberté de développer de nouvelles techniques. J'ai appris à faire
sans outils. J'ai réellement appris ma propre force.
Note : Cet article a été publié dans l'édition Oak Moon 1996 de "Pagan Personal Pages".